– 3 jours authentiques en pirogue –

 

Quelle aventure… Descendre un fleuve en pirogue pendant trois jours sur 75 km, une expérience hors du commun!

Après vous avoir raconté notre voyage à Madagascar et ses péripéties, dans cet article, je souhaitais vous parler un peu plus en détail de notre traversée du fleuve la Tsiribihine. A vrai dire, s’il y a bien une chose d’atypique à faire en allant à Madagascar, c’est bien ça. Malgré les conditions parfois difficiles, la chaleur, le manque de sommeil et de confort, ce sont trois jours inoubliables que l’on est fière d’avoir vécu.

En général, cette descente est comprise dans les circuits organisés par les guides. Par conséquent, pas besoin de s’occuper de quoi que ce soit, ce qui est idéal quand le temps de vos vacances est compté. C’est la solution que nous avions choisi pour notre première semaine et nous étions ravis. En effet, sans guide, il est compliqué de réalisé le parcours que nous avons effectué en si peu de temps. Les moyens de transports sont tellement limités et les distances tellement longues, qu’à nous seul, il nous faudrait 2 semaines pour tout parcourir. Par conséquent, nous n’avons pas eu besoin de trouver de piroguiers, pas eu besoin de ramener nos tentes et matelas, ni de négocier le prix de la traversée. En effet, sachez que certains piroguiers, dans les grandes villes ou proche du fleuve, vous proposent de vous accompagner tout au long de la descente mais généralement à des prix totalement aberrants.  Je vous le déconseille donc très fortement.

Pour une semaine tout compris : la navette privée, le guide, les piroguiers, les repas, le logement, le 4×4, l’entrée au parc des Tsingy, l’essence… Nous en avons eu pour 300€ chacun. N’hésitez pas à négocier car ils ne se gênent pas pour gonfler les prix pour ce genre d’excursion. Le couple qui a passé la semaine avec nous a dû payer 450€…

Revenons-en à la descente de Tsiribihine… La traversée peut s’effectuer en pirogue ou en chaland. Certes, le chaland va plus vite et vous êtes mieux installés, mais bonjour le bruit! Un bruit de tractopelle plein les oreilles pendant 5 heures par jour, non merci, très peu pour moi. De plus, ça coûte 2 à 3 fois plus cher et il existe un petit risque pour que vous vous retrouviez dans un chaland-brousse, tous entassés les uns sur les autres! J’en ai vu quelques un et franchement ça ne donne pas envie. Amoureux de la nature, la pirogue c’est long, ça fait mal au cul mais c’est beaucoup mieux! Une quiétude comme on les aime… Pas un bruit, juste celui des rames frottant la surface de l’eau. Un calme plat comme on en entend que très rarement et vraiment, ça fait du bien. Un moment tellement apaisant, que finalement, toutes ces heures passées ne se comptent plus.

Pour vous rendre au point de départ de la descente; il vous faut traverser un paysage à couper le souffle. Une savane à perte de vue, au loin des montagnes, un soleil couleur rosée qui se lève derrière elles et en contrebas le fleuve qui dort paisiblement. C’est pour cela que Madagascar est magique. Elle vous offre des paysages splendides alors que vous n’attendiez rien. Une heure plus tard, vous arrivez dans un village situé au bord du fleuve. C’était notre premier village et l’émotion fut à son comble. En effet, c’était notre premier réel contact avec la population et on ne s’attendait pas à une telle effervescence à notre arrivée. L’entrée du village à peine franchie, tous les enfants se mirent à courir après notre navette en criant “Vazahas, vazahas!”, comme si c’était la première fois qu’ils en voyaient. De plus, nous avons été frappé par la relation crée entre les adultes et les enfants. En effet, quelques kilomètres plus loin, le chemin est devenu impraticable. Un arbre tombé d’un côté, un trou creusé par un habitant de l’autre, aucune issue. Ce sont donc les enfants courant après la navette qui sont intervenus. Ils ont permis à notre chauffeur de trouver la meilleure solution pour traverser. Celui ci n’a rien dit, a écouté, exécuté et remercié. Ici les enfants on les écoute avec une oreille attentive et je ne suis pas sûre que ceci aurait pu un jour arriver en France.

A peine descendu de la navette, tous les enfants nous sautent dessus! Bonbons, gâteaux, photos, oranges, stylos, donne moi tes chaussures! Rien qu’à les écouter on aurait fini à poil! Cependant, nous nous sommes sentis nuls car nous n’avions rien à donner. La veille, nous avions demandé à notre guide s’il était possible de s’arrêter dans un village pour acheter des bonbons malheureusement nous n’avons pas eu le temps. C’est donc, un peu attristé de n’avoir rien pu partager que nous prenons place dans la pirogue.

Nous partons pour 10h sans pouvoir sortir de la pirogue et pour l’instant nous ne sommes pas encore au courant de cette histoire. C’est plutôt confort finalement. Nos sacs nous servent de dossier et par dessus ils ont plié nos matelas de camping afin que ce soit plus moelleux. Au bout de quelques minutes, je me pose une question. Il fait quoi lui dans la pirogue? Il fait à manger bien sûr! A peine la pirogue mise à l’eau qu’un des piroguiers s’agite en épluchant des patates et des carottes! Il est 8 heures du matin, nous sommes en plein milieu de nul part, il va faire cuire ses légumes dans une marmite sur son réchaud dans la pirogue et tout va bien! Midi, ça sent drôlement bon par ici, c’est l’heure de manger et on ne met toujours pas un pied à terre!

Les heures passent… On s’occupe. On lit, on papote, on écoute de la musique, notre guide qui joue de la guitare, les piroguiers qui se racontent des histoires en Malgache pendant des heures, on se demande ce qu’ils peuvent bien pouvoir se raconter pendant tout ce temps, on admire le paysage qui est magnifique et on apprécie.

Huit heures plus tard, on fait une pause. Enfin! C’est le moment d’aller voir la seule cascade qui se trouve le long du fleuve. Une belle cascade naturelle dont les droits d’entrée sont de 7000 ariary par personne soit environ 2€. En France, nous n’avons pas l’habitude de devoir payer pour visiter un site naturel. Malheureusement, c’est le cas dans de nombreux pays. Ça leur permet de créer de l’emploi et de gagner un peu d’argent. Cette cascade est très jolie et très agréable pour se rafraîchir après 8h de pirogue en plein soleil. Momo a prévu le coup. Un caleçon et hop à la flotte. Malheureusement, Zaza et moi avions oublié nos maillots de bains et on a bien regretté. Un conseil, prenez-les, ce sera votre seule douche en trois jours!

La journée se termine sur un magnifique coucher de soleil. Assis dans la pirogue, le soleil rose-orangé qui se reflète sur l’eau, un calme plat, quelques îlots de sable… C’était un de mes plus beaux et j’en ai pris plein les yeux. C’est de ces moments uniques dont je vous parle souvent, ceux que l’on oubliera jamais.

La nuit tombée, il est temps de stopper la pirogue et de planter la tente sur un îlot. Le guide et les piroguiers vous préparent de délicieux repas (du poisson acheté aux pêcheurs croisés sur notre chemin, ou les poules qui ont fait tout le voyage avec nous les pattes attachées). Ne me demandez pas avec quelle eau ils cuisinent, je ne veux pas le savoir! On leur propose plusieurs fois de se joindre à nous pour manger mais on prend vite conscience que ce n’est pas dans leurs habitudes. Les touristes mangent d’abord ,puis eux. C’est dommage mais c’est ainsi.

Les nuits sont paisibles, aucun crocodile ne vient vous chatouiller les pieds je vous rassure. Au réveil, grande découverte de l’environnement qui nous entoure. Une plaine de sable immense, des montagnes au loin et un brouillard effleurant le fleuve, l’endroit est mystique. C’est donc dans une ambiance toute particulière que nous partons découvrir le village d’à côté. Cette fois-ci, promis, on va se rattraper, on achètera des bonbons! Le premier pied à peine posé au village, nous nous dirigeons vers une paillote afin d’acheter une razia de gâteaux. Le commerçant explique à Momo qu’il faut demander aux enfants de se mettre à la queue leu leu pour faire la distribution. Tant bien que mal, les enfants se rangent les uns derrière les autres mais le premier paquet à peine ouvert, ils sont déjà tous en train de se battre pour avoir un gâteau. La prochaine fois, on laissera le guide le faire à notre place, ce sera sûrement plus simple. Je vous conseille également de ramener des stylos dans votre sac. Achetez en beaucoup. 100 stylos ça ne prend pas de place et cela permet d’en fournir à un ou deux villages.

Une fois la distribution terminée, les enfants se font une joie de nous montrer leur village. On se prend en photo, on rigole, on essaie de se comprendre et c’est pas toujours facile.  Le départ est un peu difficile. J’ai cette impression que cette visite fut un peu comme “Bonjour, c’est nous les riches! On vient vous rendre visite, on vous donne des bonbons, on fait notre bonne action et on s’en va!”. Malheureusement ce sera souvent comme ça. Les passages dans les villages seront assez éclair.

Il nous reste encore une nuit, quelques heures de pirogues et la descente se terminera. Après avoir vu des lémuriens et des crocodiles, nous ne pouvons que la finir comblés. Il est l’heure de dire au revoir aux piroguiers qui vont à présent faire demi tour en remontant le fleuve. D’autres aventures nous attendent.

C’est donc heureux, tant par le fait que ce soit finit, que par l’émotion que nous a procurée cette expérience, que nous finissons cette aventure.

 

Certaines photos by Zaza Mzt

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UNIQUE ♥

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Comments (2)

  1. Unique, tu l’as dit. Quelle incroyable expérience, tu as vu tant de belles choses. Ca vallait le coup de mettre le prix, même si le rapport qualité/prix reste quand même très interessante pour toutes ces choses que vous avez faites.

    Merci pour cette si jolies découverte, je prends note pour un prochain voyage , qui sait 🙂

    Des bisous

    Chloe – http://www.mademoiselleandthecity.com/

    1. Si tu aimes un tout petit peu l’aventure, je te conseille ce voyage les yeux fermés! Merci beaucoup pour ton commentaire! Plein de bisous

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