– Madagascar : Nos belles retrouvailles… –

 

Quinze jours, 1800 km, 39 heures de route, 20 heures de pirogue, 1156 salam et surtout 1954 sourires : c’est sûr nous étions bel et bien à Madagascar.

Une découverte sur le monde encore plus riche que l’on ne pouvait l’espérer… Vous pouvez retrouver notre trajet dans sa totalité dans  cet article.

Madagascar, appelée Madagasikara en Malgache constitue la 5ème plus grande île du monde. Avec sa superficie de 587 000 km², elle est quasiment aussi grande que la France. Le 26 juin 1960, Madagascar fête son indépendance et ça tombe bien, on y était.

A peine arrivés sur l’île, nous plongeons directement dans l’esprit et la vie Malgache et on aime ça. Entre klaxons, lanternes, lumières et feux d’artifices, le pays est en fête et nous en met plein les yeux. Antananarivo, la capitale de Madagascar dans laquelle nous avons débarqué, comprend 5 millions d’habitants : pour vous dire à quel point c’était le bordel. Tous ces gens qui s’amusent, sont heureux et s’extasient à chaque lancer de feux d’artifice, nous permet de prendre conscience à quel point ce voyage restera inoubliable. C’est donc les yeux déjà remplis d’étoiles que nous partons en quête de découverte et d’aventure.

Alors, quoi de mieux, que le taxi brousse pour s’immerger totalement dans la vie Malgache. Quelle aventure… Tout juste arrivés à la “gare routière” (petit place terreuse située au fond d’une allée), tous les conducteurs nous sautent dessus. Une vingtaine de personnes encercle la voiture. Ils frappent sur les vitres, essaient d’ouvrir les portes, parlent tous en même temps : ohohoh, on se calme les gars! Nous le savions qu’avec les Vazahas (étrangers), la situation se passait toujours comme ça, mais quand on le vit vraiment, ça reste toujours très impressionnant. A peine sortis de la voiture, BAM, ils ouvrent le coffre, prennent nos sacs, et hop sur le toit du taxi brousse! Pas le temps de réfléchir, on monte dedans, on essaie de nous arnaquer, on fait nos poches discrètement et hop c’est parti pour le grand voyage! 4 heures de route, tous entassés les uns sur les autres, à s’arrêter tous les kilomètres pour faire je ne sais quoi, les gens montent, descendent, on se sert de plus en plus, les enfants dorment sur nous, les sacs s’entassent sur le toit, on y rajoute des vélos, et puis à chaque arrêt ça pue la mort à vous couper le souffle. On se demandait bien pourquoi et puis au bout de quelques heures, Momo a eu la réponse : il y a des poules mortes à ses pieds… Bien sûr, tout s’explique! J’y ai laissé mon portable, mais je ne regrette rien. C’était une aventure hors du commun, et si c’était à refaire je le referai sans problème. Les paysages tout au long du chemin sont magnifiques. Les rizières à perte de vue, les montagnes, les petits villages… C’est tout simplement grandiose. La découverte d’une immensité… Ce trajet fut donc le premier d’une longue série. Néanmoins, tous les autres furent beaucoup moins typiques et beaucoup plus confortables.

Les deux premiers jours, il fait très froid. Nous sommes dans des villes à 1400 et 1600m d’altitude et nous n’avons plus l’habitude. Emmitouflés dans nos gros gilets, on tremble, on se réchauffe comme on peut et on prie surtout pour qu’il fasse moins froid les prochains jours, car le sac contient plus de shorts que de pantalons. Par chance, plus nous nous rapprochons de la côte et plus les températures augmentent. Nous finirons presque par regretter ce froid d’hiver (j’ai bien dit “presque”).

De nombreux kilomètres plus tard, c’est en pirogue que nous descendrons la rivière Tsiribihina. Oui, oui j’ai bien dit en pirogue. La descente s’effectue sur trois jours et ce sont trois jours hors du commun. Assis dans une pirogue pendant 5 à 10 heures par jour, nous avons le temps de parler philosophie, littérature, chasse, pêche et tous autres sujets inabordables en temps normal. Et puis, finalement, le temps passe vite. Ça peut paraître long, mais l’environnement est tellement magnifique et régulièrement changeant que l’on ne peut que s’extasier constamment. Et puis, on chante, on lit et on prie pour ne pas choper la tourista à un moment ou à un autre car avoir envie d’aller aux toilettes toutes les cinq minutes quand on est sur une pirogue, c’est pas vraiment pratique.

Avec un peu de chance, on peut apercevoir des lémuriens et des crocodiles. Ce fut notre cas et c’est quand même un tout petit peu impressionnant. Au bord de l’eau, au loin, un crocodile énorme fait sa sieste. On s’approche tout doucement sans faire de bruit avec notre petit pirogue en bois. Quand tout à coup, SPLASH, le crocodile plonge dans l’eau. Là, tu croises les doigts pour qu’il ne passe pas sous ta pirogue pour venir te mordre les fesses. Pas de panique, tout s’est terminé sans encombre. Le crocodile est reparti tranquillement vivre sa vie en quête de proies plus alléchantes…

Durant la descente, nous avons pu nous arrêter dans plusieurs villages. C’est fou à quel point on peut être regardé de la tête au pied. Néanmoins, les gens sont très accueillants et ne nous demandent rien. Les seules qui osent, ce sont les enfants bien entendu. Ils veulent des bonbons, des gâteaux, des crayons et qu’on les prenne en photo. C’est impressionnant à quel point ils peuvent se battre pour des bonbons et à quel point ils adorent les photos. Ils peuvent te suivre pendant des heures dans les villages en te tenant la main. Les petites filles veulent te faire des tresses et un conseil ne le faite pas, ça fait très mal! Les petits garçons se marrent en te demandant un bisou et les adultes surveillent (ou pas) doucement au loin. Toutes ces rencontres sont vraiment bouleversantes. Même si parfois, c’est fatiguant de se sentir toujours suivi, ces petites bouilles d’enfants et leurs sourires resteront un des mes plus beaux souvenirs.

Les nuits se passent sur des îlots de sable en plein milieu de nulle part. Planter sa tente dans un cadre aussi paradisiaque, c’est plutôt agréable finalement. On prendra notre douche dans quelques jours et puis on attendra la nuit pour aller creuser notre trou dans la sable en cas d’envie pressante. Les couchers et levers de soleil sont splendides et on en voit rarement des semblables. C’est tellement apaisant d’être posés sur sa pirogue, d’écouter le clapotis de l’eau et de regarder au loin le soleil se coucher tout doucement en nous partageant une lumière rose orangée qui nous entoure. C’est vraiment unique comme moment, et c’est seulement en le vivant que l’on peut comprendre que ce l’on ressent à ce moment là.

C’est donc sur des images à couper le souffle que nous achevons notre descente. Nous continuons vers le parc national des Tsingy de Bemaraha où nous découvrons un tout autre paysage.  C’est dans des blocs de roches carbonatées que nous parcourons notre chemin. Harnachés, nous escaladons les murs de roche qui peuvent aller jusqu’à plus de 60 mètres de haut, nous traversons des ponts suspendus et nous admirons la vue totalement insolite. Se retrouver en plein milieu de roches immenses, montantes et coupantes s’est assez rare comme situation et on adore. En poursuivant notre chemin, nous tombons sur des lémuriens sautant de branches en branches. C’est assez drôle, il suffit que le chef donne le top départ et hop ils se suivent tous les uns les autres. Une vrai parade, rien que pour nous.

La semaine se termine. Nous en avons pris plein les yeux, mais un petit nuage plane encore au dessus de ma tête : ils sont où les baobabs? Un peu plus au sud, à Morondave. Et là, c’est la cerise sur le gâteau. Ils sont là : le baobab sacré, les baobabs amoureux, l’allée des baobabs, et un rêve se réalise. Qui n’a jamais rêvé de se retrouver ici, en plein milieu de tous ces baobabs? Coucher de soleil inclus, oui monsieur. Le moment est tout simplement parfait. Nous sommes entre amis, en amoureux, on admire, et on grave petit à petit ces images dans notre tête pour qu’elles restent ancrées pour toujours.

Notre trajet aller, arrive quasiment à sa fin. Il ne nous reste plus qu’une seule étape appelée Belo sur Mer. Une belle plage de sable blanc, des énormes bateaux en bois en construction, un petit village de pêcheur, le cadre semble parfait. Seul petit bémol : la route pour s’y rendre. Vous me direz, on est plus à ça près. On a déjà fait une bonne dizaine d’heures en 4×4, on peut encore en faire 6! L’aller se passe sans encombre, malgré les péages que nous avons dû payer sur la route. Oui oui, vous avez bien lu : j’ai dis “péage”. En plein milieu d’un chemin en terre, une barrière en bois, des gars qui surveillent, jouent aux cartes en attendant les voitures, te demandent des sous et encore plus si t’es vazahas pour passer la barrière. Il semblerait qu’ils servent à entretenir les villages…

Bref… On arrive à Belo, on profite du cadre, on se baigne et puis une petite surprise en rentrant à l’hôtel nous attend. Il semblerait que les gendarmes soient venus chercher notre chauffeur de 4×4 à la kalachnikov pour l’emmener en prison à Morondave située 100km au dessus de Belo. Il s’agirait d’une petite histoire de bagarre la veille, de vol de clés de voiture et autres broutilles sans importance. En attendant, nous, on se retrouve bloqué ici, sans 4×4, sans chauffeur et la pépite sur le cookie : on avait payé le chauffeur dans la totalité! Je ne vous explique pas le bordel pour trouver une solution pour rentrer à bon port! Conclusion : on a perdu 250 000 ariary. Moralité : Ne jamais tout payer en avance!

Le voyage se termine. Il nous faut reprendre la route en sens inverse afin de rejoindre la capitale pour prendre notre avion. Ce fut, intense, fatiguant, émouvant, éprouvant et inoubliable.

Rien ne me prédestinait à aller à Madagascar. D’autres pays me venaient en tête, mais pas celui ci. Habitant à la Réunion, étant tout proche, c’était l’occasion d’aller découvrir les secrets que pouvaient révéler cette île. J’en suis tombée amoureuse et elle reste pour moi un de mes plus beaux voyages. Cette île est remplie de paysage à couper le souffle, tous plus beaux les uns que les autres. Les gens sont très accueillants, si bien sûr on fait abstraction de ceux qui veulent tout le temps vous vendre quelques chose.

Nous avons ri, nous avons eu peur, nous nous sommes enthousiasmés, nous avons fait des rencontres, nous en avons pris plein les yeux, nous avons eu le vertige, nous avons patienté, nous avons roulé, nous avons ramé, nous avons pris des enfants dans nos bras, nous avons eu chaud, nous avons eu froid, nous avons fait du 4×4, de la pirogue, de la charrette à zébu, du taxi brousse, du camion brousse, du mini bus, du pousse pousse, du tuc-tuc, du taxi, nous avons mangé du zébu, nous avons dansé, chanté, bougé, nous avons bu (beaucoup), nous avons négocié, compté, converti, nous avons découvert, explosé de joie, on s’est aventuré.

 

C’était Madagascar…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Comments (7)

  1. Comme d habitude en te lisant on a ll impression d y etre tellement c est bien raconte. Bisous ma grande

    1. Oui le trajet est vraiment magnifique. Il n’y a pas de quoi s’ennuyer! Tu y retournes bientôt?

  2. […] vous avoir raconté notre voyage à Madagascar et ses péripéties, dans cet article, je voulais vous parler un peu plus en détail de notre traversée du fleuve la Tsiribihine. A vrai […]

  3. Superbes photos ! J’y vais en octobre j’ai vraiment hâte. Je me demandais si c’était une bonne idée de prendre des choses pour les enfants (outre des photos), j’ai lu sur plusieurs blogs que malheureusement les bonbons distribués régulièrement peuvent avoir un impact désastreux dans des zones où il n’y a que peu de soins dentaires 🙁 j’essaierai de trouver autre chose pour établir le contact. Merci pour tes articles en tout cas !

    1. Oui les bonbons ce n’est pas toujours le bon plan en effet mais la facilité et ils sont tellement heureux! Ramène des crayons et des feuilles! Ils seront super contents! Bon voyage en tout cas et profite bien! Tu vas adorer!

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